Lina Ben Rejeb

1985 (Kélibia (Tunisie))
Living in : Paris
Working in : Paris
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Lina Ben Rejeb naît en 1985 à Kélibia en Tunisie. Elle grandit entre deux langues, l’arabe et le français, expérience fondatrice qui marque durablement son rapport au mot et au signe. Après un premier cycle en design, elle intègre l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, dont elle sort diplômée en 2011 avec les félicitations du jury. Elle poursuit en 2012 un post-diplôme commun avec l’École du Louvre, puis obtient en 2013 un master en pratiques curatoriales à la Sorbonne. Installée à Paris, elle engage par la suite une recherche doctorale en arts plastiques.

Très tôt, Lina Ben Rejeb s’intéresse à la répétition comme mode opératoire. Plutôt que de travailler la calligraphie dans sa dimension ornementale, elle en retient la rigueur, la contrainte, la discipline du geste. Ses productions reposent sur des protocoles de répétition : à mesure que le motif se reproduit, une variation apparaît. Cet écart devient la forme même de l’œuvre.

Les Carnets, dont trois sont présentés dans l’exposition Dialogues, condensent cette recherche. Sur les pages de petits cahiers, des formes se déclinent parfois des dizaines de fois. L’écriture s’y manifeste moins comme langage que comme trace. La page devient surface picturale ; la couleur, souvent proche des craies d’écolier, installe un rythme discret. À mesure que le motif se répète, le mot glisse vers l’image, puis vers la matière.

Dans Couverture muette No. VI (2019), une couverture de livre ancien est placée dans une boîte d’entomologie. Privé de son texte, le livre est conservé comme un spécimen : exposé, isolé, mais silencieux. Le geste de conservation redouble celui de l’effacement. L’écriture subsiste à l’état inapparent/latent, comme une mémoire suspendue.

D’une œuvre à l’autre, Lina Ben Rejeb établit des allers-retours entre texte et image, surface et volume, peinture et sculpture. Le pli, la stratification, l’effacement participent d’une même exploration : réduire le langage à sa trace la plus élémentaire.

L’artiste bénéficie dès 2013 d’une exposition personnelle à la galerie Florence Léoni à Paris (En un certain ordre, assemblées). En 2016, la Selma Feriani Gallery à Sidi Bou Saïd lui consacre l’exposition Vingt Fois Sur Le Métier Remettre l’Ouvrage, suivie en 2019 et 2020, de deux expositions personnelles intitulées Nous vivons trop près des machines en Tunisie. En 2020, elle participe à la Biennale internationale de Casablanca (Les mots créent des images). Représentée aujourd’hui par la galerie etc, son travail a également été présenté dans plusieurs foires internationales, notamment Art Brussels (2017), Art Dubai (2018) et Art Basel Hong Kong (2016, 2020 online). Ses œuvres figurent dans des collections telles que la Kamel Lazaar Foundation (Tunisie) et la Boghossian Foundation (Bruxelles).







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