Intimate Visions
L'exposition
"Intimate Visions" tend à retranscrire une connexion latente entre art, nature et temps. Ces notions sont déclinées à travers de multiples pratiques artistiques telles que la peinture, la sculpture et la céramique qui sont mises à l’honneur à travers 150 ans de création, placées sur un même piédestal, sans hiérarchie de genre. Le dialogue est au cœur de la conception de ce projet, qui a été élaboré avec les artistes contemporains exposés. Un équilibre parfait règne ainsi entre œuvres modernes et actuelles.
Il s’agit de la 3e édition de ce type de show depuis l’ouverture de la galerie White Cube en 2023. Art, mode et design s’y présentent en chassés-croisés, au moyen des différents médiums et à travers plusieurs temporalités. Les commissaires d’exposition, Clémande Burgevin Blachman, designer française spécialiste dans la conception d’accessoires de mode, et Mathieu Paris, directeur commercial chez White Cube, expriment leur attrait pour une variété d’esthétismes. L’exposition "Intimate Visions" doit être comprise comme une création d’ensemble, qui n’a d’autre prétention que d’exister pour elle-même. Elle s’inscrit dans un langage Art Nouveau, harmonieux mariage unissant Beaux-Arts et Arts décoratifs. Chaque pièce exposée est à la fois un meuble et une œuvre, un objet et un sujet.
L’espace intimiste qui les accueille est niché à l’abri des regards, au cœur de l’avenue Matignon. Le parquet couleur bois contraste avec la pureté des murs habillés de blanc, et les fleurs en stuc, flanquées le long des arêtes du plafond de chaque salle, évoquent subtilement la thématique de l’exposition. En ce lieu, les œuvres oubliées sont réactivées grâce à leur interaction avec les créations contemporaines. Il n’est pas uniquement question d’une conversation plastique : par cette cohabitation, les jeunes artistes dialoguent véritablement avec leurs prédécesseurs. Diamond Stingily a notamment exprimé une certaine émotion à voir son œuvre [1] placée à côté d’une aquarelle de Victor Hugo [2]. Toutes deux invitent à la promenade, temps privilégié pour un face à face avec soi, comme une méditation en plein air.
Dans cette bulle d’intimité, l’accent est également porté sur la sensualité. En témoigne l’esquisse à l’encre brune de Gustav Klimt d’un couple enlacé [3] dévoilé en quelques traits, presque évaporés. Elle fait alors écho au dessin à l’acrylique de Tracey Emin [4], dont le tracé fugace révèle une figure féminine dénudée, allongée sur son lit. Dans ces deux œuvres, le visage des personnages est dissimulé, préservant leur identité des observateurs indiscrets. Situées de part et d’autre de la pièce principale, elles se font réciproquement rappel par leur forte proximité visuelle, bien que plus d’un siècle les séparent. Elles bercent le visiteur par leur mutuelle douceur.
Marie Tuffou
[1] Diamond Stingily, Apple Tree, 2023, sérigraphie imprimée sur miroir, 200×85.5×0.5 cm
[2] Victor Hugo, Bord de mer à Guernesey, 1856, plume et lavis d'encre brune, fusain et aquarelle sur papier, 17×24×1.5cm
[3] Gustav Klimt, Embracing couple, vers 1914-1916, plume et encre brune sur papier, 51×70.8×2.8 cm
[4] Tracey Emin, I was Left here in Time, 2024, acrylique sur papier, 49.7×59.7 cm
Il s’agit de la 3e édition de ce type de show depuis l’ouverture de la galerie White Cube en 2023. Art, mode et design s’y présentent en chassés-croisés, au moyen des différents médiums et à travers plusieurs temporalités. Les commissaires d’exposition, Clémande Burgevin Blachman, designer française spécialiste dans la conception d’accessoires de mode, et Mathieu Paris, directeur commercial chez White Cube, expriment leur attrait pour une variété d’esthétismes. L’exposition "Intimate Visions" doit être comprise comme une création d’ensemble, qui n’a d’autre prétention que d’exister pour elle-même. Elle s’inscrit dans un langage Art Nouveau, harmonieux mariage unissant Beaux-Arts et Arts décoratifs. Chaque pièce exposée est à la fois un meuble et une œuvre, un objet et un sujet.
L’espace intimiste qui les accueille est niché à l’abri des regards, au cœur de l’avenue Matignon. Le parquet couleur bois contraste avec la pureté des murs habillés de blanc, et les fleurs en stuc, flanquées le long des arêtes du plafond de chaque salle, évoquent subtilement la thématique de l’exposition. En ce lieu, les œuvres oubliées sont réactivées grâce à leur interaction avec les créations contemporaines. Il n’est pas uniquement question d’une conversation plastique : par cette cohabitation, les jeunes artistes dialoguent véritablement avec leurs prédécesseurs. Diamond Stingily a notamment exprimé une certaine émotion à voir son œuvre [1] placée à côté d’une aquarelle de Victor Hugo [2]. Toutes deux invitent à la promenade, temps privilégié pour un face à face avec soi, comme une méditation en plein air.
Dans cette bulle d’intimité, l’accent est également porté sur la sensualité. En témoigne l’esquisse à l’encre brune de Gustav Klimt d’un couple enlacé [3] dévoilé en quelques traits, presque évaporés. Elle fait alors écho au dessin à l’acrylique de Tracey Emin [4], dont le tracé fugace révèle une figure féminine dénudée, allongée sur son lit. Dans ces deux œuvres, le visage des personnages est dissimulé, préservant leur identité des observateurs indiscrets. Situées de part et d’autre de la pièce principale, elles se font réciproquement rappel par leur forte proximité visuelle, bien que plus d’un siècle les séparent. Elles bercent le visiteur par leur mutuelle douceur.
Marie Tuffou
[1] Diamond Stingily, Apple Tree, 2023, sérigraphie imprimée sur miroir, 200×85.5×0.5 cm
[2] Victor Hugo, Bord de mer à Guernesey, 1856, plume et lavis d'encre brune, fusain et aquarelle sur papier, 17×24×1.5cm
[3] Gustav Klimt, Embracing couple, vers 1914-1916, plume et encre brune sur papier, 51×70.8×2.8 cm
[4] Tracey Emin, I was Left here in Time, 2024, acrylique sur papier, 49.7×59.7 cm
Quand
07/03/2025 - 10/05/2025