Rétrospective d’un « Dubuffet architecte »
L'exposition
La fondation Dubuffet, créée par l’artiste lui-même, rend actuellement hommage aux maquettes uniques en leur genre de L’Hourloupe dans une toute nouvelle exposition : « Dubuffet Monumental ». Le projet retrace l’évolution de cette période et habille l’établissement de ses aplats et rayures rouges, bleues et noires sur fond blanc.
« Dubuffet Monumental. »
Daniel Abadie, conservateur au Musée national d'Art Moderne et directeur du Jeu de Paume, invente la formule « Dubuffet architecte » lors de l’exposition « Jean Dubuffet : Édifices, projets et maquettes d’architecture » au Musée des Arts décoratifs en 1968. C’est ce « Dubuffet architecte » qui intéresse les commissaires Sophie Webel et Déborah Lehot-Couette, quand elles proposent à travers un parcours chrono-thématique une sélection de maquettes et archives.
L’exposition offre un panorama précis sur sa création, de sa première commande d’une pièce architecturale en décembre 1968, avec le Groupe de quatre arbres pour Rockefeller, jusqu’à la Welcome Parade en 2008 en duo avec Ieoh Ming Pei pour la prestigieuse National Gallery de Washington. Le motif de l’arbre représente « une nature réinventée selon les principes de L’Hourloupe », explique la fondation, tandis que des projets comme Welcome Parade et le spectacle Coucou Bazar mettent en scène des figures désarticulées, presque désossées. Coucou Bazar trouve, par ailleurs, une continuité dans ce que l’artiste nomme des « photographies truquées ». Jean Dubuffet indique dans Bâtons rompus que « les images photographiques […] ne fournissent nullement l’aspect de la réalité objective ». Et malgré cette aversion pour ce médium, il l’utilise bel et bien et intègre ses projets de sculptures architecturales dans des photographies de l’espace urbain (Une tour par exempel se dressant sur le Pont de la Tournelle à Paris, avec une vue de Notre Dame derrière).
« Dubuffet monumental » n’est pas uniquement une exposition mais découle d’une publication inédite, « Sculptures monumentales, Tour aux figures et autres », le trente-neuvième fascicule du Catalogue des travaux de Jean Dubuffet. L’ouvrage, véritable « Bible » pour tous les amateurs de cet immense artiste et de L’Hourloupe, répertorie toutes les sculptures architecturales d’après maquettes depuis 1969.
Hors les murs.
Mais la fondation ne s’arrête pas à Paris. La fameuse Tour aux figures est à retrouver sur l’Île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux. L’établissement possède également une seconde adresse à Périgny-sur-Yerres, dans laquelle est présentée la majeure partie des collections de l’artiste. C’est surtout à cet endroit qu’est installée la Closerie Falbala, classée Monument Historique en 1998. Dans l’enceinte de la Closerie, Dubuffet a créé la Villa Falbala avec son Cabinet lologique. Cet ensemble représente l’apogée de L’Hourloupe.
La galerie parisienne Lelong & Co propose « Jean Dubuffet, Banc-salon et Cerfs-volants » jusqu’au 30 avril. Et pour les plus voyageurs d’entre vous, la Pace Gallery de New-York présente « Dubuffet : The L’Hourloupe Cycle » jusqu’au 26 avril !
Dubuffet Monumental., Fondation Dubuffet, Paris, jusqu’au 11 juillet 2025.
Ariane Rogel.
« Dubuffet Monumental. »
Daniel Abadie, conservateur au Musée national d'Art Moderne et directeur du Jeu de Paume, invente la formule « Dubuffet architecte » lors de l’exposition « Jean Dubuffet : Édifices, projets et maquettes d’architecture » au Musée des Arts décoratifs en 1968. C’est ce « Dubuffet architecte » qui intéresse les commissaires Sophie Webel et Déborah Lehot-Couette, quand elles proposent à travers un parcours chrono-thématique une sélection de maquettes et archives.
L’exposition offre un panorama précis sur sa création, de sa première commande d’une pièce architecturale en décembre 1968, avec le Groupe de quatre arbres pour Rockefeller, jusqu’à la Welcome Parade en 2008 en duo avec Ieoh Ming Pei pour la prestigieuse National Gallery de Washington. Le motif de l’arbre représente « une nature réinventée selon les principes de L’Hourloupe », explique la fondation, tandis que des projets comme Welcome Parade et le spectacle Coucou Bazar mettent en scène des figures désarticulées, presque désossées. Coucou Bazar trouve, par ailleurs, une continuité dans ce que l’artiste nomme des « photographies truquées ». Jean Dubuffet indique dans Bâtons rompus que « les images photographiques […] ne fournissent nullement l’aspect de la réalité objective ». Et malgré cette aversion pour ce médium, il l’utilise bel et bien et intègre ses projets de sculptures architecturales dans des photographies de l’espace urbain (Une tour par exempel se dressant sur le Pont de la Tournelle à Paris, avec une vue de Notre Dame derrière).
« Dubuffet monumental » n’est pas uniquement une exposition mais découle d’une publication inédite, « Sculptures monumentales, Tour aux figures et autres », le trente-neuvième fascicule du Catalogue des travaux de Jean Dubuffet. L’ouvrage, véritable « Bible » pour tous les amateurs de cet immense artiste et de L’Hourloupe, répertorie toutes les sculptures architecturales d’après maquettes depuis 1969.
Hors les murs.
Mais la fondation ne s’arrête pas à Paris. La fameuse Tour aux figures est à retrouver sur l’Île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux. L’établissement possède également une seconde adresse à Périgny-sur-Yerres, dans laquelle est présentée la majeure partie des collections de l’artiste. C’est surtout à cet endroit qu’est installée la Closerie Falbala, classée Monument Historique en 1998. Dans l’enceinte de la Closerie, Dubuffet a créé la Villa Falbala avec son Cabinet lologique. Cet ensemble représente l’apogée de L’Hourloupe.
La galerie parisienne Lelong & Co propose « Jean Dubuffet, Banc-salon et Cerfs-volants » jusqu’au 30 avril. Et pour les plus voyageurs d’entre vous, la Pace Gallery de New-York présente « Dubuffet : The L’Hourloupe Cycle » jusqu’au 26 avril !
Dubuffet Monumental., Fondation Dubuffet, Paris, jusqu’au 11 juillet 2025.
Ariane Rogel.
Quand
12/02/2025 - 11/07/2025