Henri de Toulouse-Lautrec

1864 (Albi) / 1901 (Taussat)

Lautrec, peintre de créatures, du dandy dégingandé (son cousin Tapié de Céleyran dans les coulisses d’un théâtre) aux femmes divinisées des maisons de rendez-vous, décrit donc une humanité de « types » qui sont autant d’instantanés dérobés destinés à démasquer l’être. Monsieur Fourcade (1889), frontal et dynamique au bal de l’Opéra, s’apprête à heurter le chevalet, la Clownesse Cha-U-Kao (1895) semble surprise alors qu’elle retient les débordements de son bustier, son ancien colocataire Henri Bourges (1891) enfile son gant de suède chamois ; muses et amis servent son entreprise de régénération. Autant d’images volées, non pas à un quotidien magnifié pour raison d’idéologie républicaine, mais aux moments modestes d’une représentation mondaine polymorphe. Sa technique trompeuse, sur carton buvant instantanément des pigments très dilués dans du pétrole appliqués par rais comme au pastel, sert un style proprement japonisant dont les portraits d’hommes au format en hauteur, à la Whistler et qui incluent parfois un kakémono de peinture pure, semblent autant de proclamations de ses inclinaisons esthétiques. De son immersion dans les maisons closes, Lautrec rapporte la vision d’un monde interverti dans lequel la femme mène la danse.


Visuel:
Henri de Toulouse-Lautrec habillé en kimono, photographie de Maurice Guibert, 1892 Source Bnf



Artist's issues


Issue 90








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Les nuits de Toulouse-Lautrec. De la scène aux boudoirs


Florence Rionnet Éditions d’art Somogy L’art d’Henri Toulouse-Lautrec tient entre autres à son génie de l’observation, du détail caractéristique qui révèle à lui seul une ambiance publique ou feutrée. En lien avec l’exposition du musée de la ville de Dinan, ce catalogue s’intéresse surtout à l’univers nocturne dépeint par l’artiste, aux boudoirs, bordels, cafés ...

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